Le peintre Étienne Dinet

Étienne Dinet (1861 – 1929)

Etienne Dinet est né le 28 mars 1861 à Paris dans une famille d’avoués. Interne au lycée Henri IV, Etienne est attiré par les arts, mais ses parents voudraient lui imposer des études de droit afin qu’il reprenne le cabinet de son père. Après son baccalauréat, il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Paris, où il est élève de William Bouguereau. C’est à Héricy, dans le château acheté en 1850 par son grand-père maternel, Charles Boucher et devenu résidence secondaire de la famille, qu’il va réaliser, après ses œuvres d’enfant et d’adolescent, deux tableaux, qui seront très favorablement accueillis par les critiques et les amateurs du Salon des Artistes Français. En 1882, il peint “La mère Clotilde”, une vieille femme d’Héricy, et en 1883 “Vue prise du Rocher de Samois” qui sera primé. Son atelier est situé dans un pavillon du château à l’extrémité de la terrasse sur la Seine. Bien qu’attiré par la peinture en extérieur, il ne s’engage pas vraiment dans la révolution impressionniste. En 1884, c’est le hasard qui l’entraîne à faire un voyage imprévu dans le Sud algérien, qui va jouer un rôle décisif dans sa vie. La même année, le Salon du Palais de l’Industrie lui décerne un troisième prix et surtout une bourse qui lui permet de repartir en Algérie. Il fait alors un grand périple jusqu’à Ouargla et Laghouat. C’est la découverte décisive et émerveillée du Sud qui va profondément marquer la vie d’Etienne Dinet. Parmi les oeuvres lumineuses rapportées de ce voyage figure l’admirable vue des «Terrasses de Laghouat» (exposé au Musée National des Beaux-Arts d’Alger). En 1887, il effectue son troisième voyage en Algérie. En 1889, il obtient la médaille d’argent à l’Exposition Universelle de Paris. Cette même année, Etienne Dinet fait la connaissance d’un jeune Algérien, Slimane Ben Ibrahim avec lequel il se lia d’une longue amitié. La relation entre les deux hommes sera très féconde, conduisant à la publication de très beaux livres illustrés, devenus très rares aujourd’hui. La mairie en possède d’ailleurs quelques exemplaires Les expositions se succèdent (Palais de l’Industrie à Paris, Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, Salon de la Société des Peintres Orientalistes, Exposition Universelle d’Anvers,…) et en 1896, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur. A partir de 1905, Etienne Dinet s’installe définitivement à Bou- Saada tout en continuant à effectuer de fréquents voyages en France. Il habite alors une modeste demeure au plafond de terre et de roseaux soutenu par les traditionnelles solives de thuya. Il décide de rompre avec l’académisme ambiant en orientalisant son œuvre et adopte l’Algérie, vivant avec les hommes du Sud et devenant un des leurs. Peintre d’un pays et d’un peuple, nul mieux que lui à ce jour, n’a su nous restituer la vie algérienne avec ses vieilles femmes dans leurs occupations journalières et leurs causeries interminables, ses adolescentes fières, rieuses et insouciantes dans leur nudité, ses caravaniers à dos de chameau burinés par le soleil, ses scènes colorées de marchés ou la quiétude de ses palmeraies. Tout un tissu social à la fois vivant, chaleureux et authentique. En 1913, il rend publique sa conversion à l’islam sous le nom de Nasrédine Dinet. Le nouveau converti représente désormais des hommes et des femmes en prière, des pasteurs à l’écoute du muezzin. Son islam n’a toutefois rien de rigoriste. À côté de ses sujets religieux, il continue à peindre des nus et signe toujours «E. Dinet». En 1929, il accomplit le pèlerinage de La Mecque. Décédé à Paris le 24 décembre 1929 d’une crise cardiaque à l’âge de 68 ans, Etienne Dinet est enterré dans la Koubba mortuaire qu’il avait fait construire à Bou-Saada. Plusieurs de ses œuvres majeures sont exposées au Musée d’Orsay à Paris. Peintre aujourd’hui très coté, il est devenu une référence et un artiste officiel du régime algérien.

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Prise de vue Mary Brouty d’Hennezel Photo Ciné Club d’Héricy